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novembre 2005

juillet 2005

Des bulles spéculatives dans le yaourt

La vraie fausse OPA de Pepsico sur Danone a créé une telle levée de boucliers nationaliste et protectionniste qu'on en vient à douter de la lucidité de nos élites politiques et économiques. Tous se sont dressé comme un seul homme à défendre notre yaourt national face à l'ogre mondialisé américain du soda.

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C'est d'autant plus ridicule quand on sait de quoi il s'agit en réalité : Danone est déjà un groupe mondialisé, dont la production et les ventes sont à 75% réalisées hors de France. Et dont les actionnaires sont déjà des fonds de pension ou fonds spéculatifs étrangers et donc anglo-saxons à plus de 50%.

Et maintenant on nous dit que la fille à marier n'intéresse pas vraiment le fiancé putatif ... L'AMF fera bien de voir à qui a profité le "crime". Même notre président qui a fini par en parler dans la torpeur estivale. Un épisode de plus dans cette guerre médiatique des moutons que se livrent nos classes dirigeantes, chacun ayant peur de paraître trop ou pas assez ... bref d'en manquer une. Nos dirigeants ont perdu une occasion de se taire. Qu'ils prennent donc des vacances, tous ces enflammés du CAC 40 ...


Jérôme Jaffré décrit admirablement la scène politique actuelle

La France au miroir de son non, par Jérôme Jaffré LE MONDE | 18.07.05 |

Le non français résonne encore dans l'Hexagone, à la fois dans sa politique et dans la société tout entière. Le non a été un vote massif : 55 % des voix, près de trois millions d'avance sur le oui, un écart sept fois plus important que celui observé dans l'autre sens pour la ratification du traité de Maastricht en 1992. Ce non a été un vote réfléchi : annoncé à partir de la mi-mars par les instituts de sondage, il ne s'est jamais démenti et s'est même amplifié. En ce sens, il n'est pas la réplique du 21 avril, coup de tonnerre dans notre ciel politique, somme de milliers de choix individuels dont aucun ou presque ne voulait aboutir au résultat collectif de l'élimination de Lionel Jospin au profit de Jean-Marie Le Pen.

Le vote à ce référendum est un dégradé sociologique qui accentue la double fracture du pays, sociale et territoriale. Selon le sondage "sortie des urnes" d'Ipsos, 76 % des personnes gagnant plus de 4 500 euros par mois ont voté oui, contre 37 % parmi celles gagnant moins de 2 000 euros. 70 % des diplômés des grandes écoles, doctorants, titulaires de DEA ou de DESS ont voté oui, contre 28 % des personnes sans diplôme.

Si l'on classe les villes et arrondissements de plus de 20 000 habitants selon leur vote, à un bout de la France, Neuilly-sur-Seine, la ville bourgeoise de Nicolas Sarkozy, détient le record du oui, avec82,5 %, suivie de Paris-16e, Paris-7e, Paris-8e, Paris-6e, Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) et Le Chesnay (Yvelines). A l'autre bout, Le Grand-Quevilly (Seine-Maritime), la ville ouvrière de Laurent Fabius, détient le record du non, avec 81,2 %, suivie de Liévin (Pas-de-Calais) et de Grande- Synthe (Nord).

Le non est d'abord un vote de gauche. On peut évaluer à près de 60 % le poids des électeurs de gauche dans le total des voix du non. Le non a mobilisé les extrêmes ­ de gauche et de droite ­, auxquels s'est ajoutée une majorité des électeurs socialistes et Verts. La cassure du principal parti de gauche, le PS, que l'on peut évaluer à 3,5 millions de voix pour le oui, 4 millions pour le non, situe l'exact endroit où la France s'est coupée.

Dans ces conditions, il est tentant d'imputer la victoire du non à la vigueur du rejet d'un pouvoir exécutif trop usé ou à la sinistrose des Français. Dans cette façon de voir, l'Europe aurait été l'innocente victime de nos factions et de nos peurs. Mais cette approche ne va pas assez au fond des choses. Car le oui et le non opposent deux visions fondamentalement distinctes, faute que le chef de l'Etat, une fois encore, ait su trouver les mots pour rassurer les Français, faute aussi que les défenseurs du oui de gauche aient eu assez de force pour convaincre leurs propres troupes.

Les enquêtes post-électorales et les consultations fouillées auprès des internautes révèlent que le vote du 29 mai recoupe étroitement le clivage entre ceux pour qui la France doit prendre acte de la société mondialisée et de ses nouvelles règles du jeu et ceux pour qui la France doit le plus possible en rester à l'écart. Il est inexact de croire que l'Europe s'est trouvée prise en otage dans un débat qui ne la concernait pas. Le non s'appuie en effet sur l'idée que l'Europe n'est plus celle de l'après-guerre, dont la finalité était d'assurer la paix sur le continent, mais qu'elle est devenue l'accélérateur, voire l'organisatrice, de mutations indésirables.

Au sein de la droite modérée, le clivage du oui ­ très majoritaire ­ et du non oppose ceux qui voudraient que la France s'adapte plus vite à la société mondialisée et à ses règles du jeu et ceux qui s'inquiètent pour le maintien de l'identité française. Pour les partisans du oui, la concurrence est une bonne chose qu'il faut encourager, la montée de la gestion privée dans le secteur public souhaitable, les réformes nécessaires, le modèle social français à bout de souffle. La priorité du pays doit aller à la reconnaissance du travail et du mérite.

"SOCIAL-RAISONNABLE"

Les partisans du non au sein de la droite modérée sont, pour leur part, méfiants envers les grandes institutions comme l'Etat, le Parlement ou la justice et hostiles à la classe politique. Ils développent une opinion critique sur l'islam, s'inquiètent plus que les autres du nombre d'immigrés en France et réclament des mesures contre les flux migratoires. Ils se sentent davantage français qu'européens, refusent l'affaiblissement des Etats au profit de l'Union européenne. Leur priorité va au respect de la loi et de l'ordre public.

Dans notre système présidentiel, le travail des leaders politiques est de fédérer des électorats de nature différente. A droite, on voit bien la synthèse recherchée par Nicolas Sarkozy. En mettant en avant trois éléments : le respect de la loi et de l'ordre public en tant que ministre de l'intérieur, son opposition à l'entrée de la Turquie en tant que président de l'UMP et ses propos tranchés visant à le démarquer de l'ensemble de la classe politique, il veut jeter les bases d'un rassemblement beaucoup plus large que le simple oui de droite prolibéral.

A gauche, et en particulier au sein de l'électorat socialiste, coupé en deux, le oui et le non épousent parfaitement les contours d'un partage entre un électorat que l'on pourrait appeler social-raisonnable et un autre électorat de nature social-protestataire. Les partisans du oui intègrent la notion de société mondialisée et ses règles du jeu. Les partisans socialistes du non rejettent non pas l'idée européenne mais son fonctionnement actuel, accusé d'être porteur d'un triple démantèlement : les services publics, le modèle social français et, par le biais des délocalisations, l'avenir des emplois.

Les socialistes du oui sont moins critiques que les autres envers la mondialisation, moins opposés par principe au libéralisme, plus prêts à accepter l'ouverture du capital des entreprises publiques ou leur ouverture à la concurrence. Leur confiance dans les grandes institutions est plus élevée et ils n'ont pas d'hostilité de principe envers la classe politique. Le modèle social français leur paraît devoir être profondément réformé. Ils font leur le propos de Tony Blair donnant la priorité à la recherche des emplois de demain sur la préservation à tout prix des emplois menacés. L'Europe ne leur paraît pas être le fourrier de la mondialisation mais au contraire en limiter les excès.

Les socialistes du non sont beaucoup plus fermes dans leur attitude. Leur degré de critique envers la mondialisation, leur opposition au libéralisme et aux privatisations est massive. Pour eux, l'Union européenne n'est pas un objet sacré au-dessus des affrontements mais elle fait au contraire système avec les trois éléments précités. Elle leur paraît accélérer les effets négatifs de la mondialisation. Les socialistes du non préfèrent le maintien des politiques nationales à la mise en place de politiques européennes, qui pourraient susciter trop de remises en question. Les oui socialistes pensent que la France a beaucoup à apprendre des autres pays européens, les non socialistes pensent au contraire que la France a beaucoup à leur apporter.

A la différence de la droite, le travail de fédération et de jonction des électorats tarde à s'engager au sein de la gauche. Le non de gauche a pour lui de porter la souffrance et la protestation d'une large partie de l'électorat populaire. Ici, la référence au 21 avril 2002 sonne juste si l'on veut bien se rappeler que le déficit de voix de Lionel Jospin provient de l'électorat populaire et des salariés du secteur public, en raison du profil trop "social-raisonnable" adopté par le premier ministre candidat.

Mais le non de gauche fait aussi courir le risque d'une incompréhension des mutations en cours, d'un repli sur la sphère nationale et d'un insupportable décalage entre un discours tout feu tout flamme dans l'opposition et une pratique tellement plus modeste une fois parvenu au pouvoir.

Pour sa part, le oui de gauche doit comprendre pourquoi il a si peu convaincu au cours de la campagne. Il ne peut offrir aux électeurs comme seule perspective l'entrée dans la société mondialisée et l'acceptation de ses règles du jeu. La grande majorité des électeurs de gauche ne pourrait suivre ses porte-parole qu'à la condition de les voir y porter les objectifs de transformation et de justice qui sont les leurs.

Jérôme Jaffré pour "Le Monde" Article paru dans l'édition du 19.07.05


S'il n'y a pas de solution ...

Il n'y a pas de problème. Voilà ce que je retiens de l'intervention de Jacques Chirac hier 14 juillet ...

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Ne dérangeons pas la France pour si peu, un référendum raté, des JO perdus, un gouvernement à trois têtes, une Europe en panne, ... dormez bien mes enfants semble dire le vieux président.

Je regardais les Shadoks quand j'étais petit juste avant d'aller me coucher. Chirac était déjà au pouvoir ...

Maintenant pour s'endormir on a besoin d'exomil.


Sarkozy se mêle de tout

L'hyper actif ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, 1er ministre bis se mêle maintenant de l'emploi du temps de Jacques Chirac. N'en étant plus à une provocation près, il suggère à Chirac d'annuler l'interview traditionnelle du 14 juillet, la raison étant qu'il n'y a pas d'actualités et les français étant en vacances ou presque ...

On doit étouffer de rage à l'Elysée de voir à quel point Sarkozy veut mettre le chef de l'Etat en touche. Même quand il n'a rien à dire le petit Nicolas aime pousser le bouchon toujours un peu trop loin. Loin de moi l'idée d'attendre de grandes révélations de la part du Président, mais pour une fonction qu'on juge irresponsable et détachée des réalités quotidiennes, je ne conçois pas qu'on laisse passer l'occasion d'un bilan sur l'Etat de la nation. Comme si rien d'important ne s'était produit récemment.

La France est démoralisée dit-on, malade et tentée par le repli sur soi. Chirac doit y répondre, et Sarkozy a perdu l'occasion de se taire pour une fois.

Lui qui commente sans cesse l'actualité jour après jour, comme s'il n'était pas acteur et soutien dans ce gouvernement, ferait mieux de se pencher sur son propre activisme débridé et télévisuel. C'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité.

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Delanoë joue à contretemps

Le maire de Paris accuse Londres de n'avoir pas respecté les procédures du CIO pour l'attribution des Jeux de 2012. Mais pourquoi n'a t-il pas donc protesté plus tôt ? Lundi dernier, deux consultants australiens membres du comité Londonien tirent à boulets rouges sur le Stade de France "inadapté à l'athlétisme et souffrant de problèmes de visibilité dans les tribunes".

Pourquoi avoir laissé passer ce dérapage sans rien faire, simplifiant la tâche du président du CIO qui peut légitimement dire qu'on ne lui a rien demandé (mais qui aurait pu aussi s'auto-saisir de la question). De la même façon pourquoi n'avoir pas réagi lorsque les anglais ont franchi les limites en proposant 50 000 dollars de frais à chaque délégation du CIO ... avant de retirer l'offre précipitamment en mars dernier.

Non décidément, comme Hollande qui punit Fabius après le référendum, Delanoë prend aujourd'hui le risque de paraître mauvais joueur aprés la décision du CIO, et ne semble pas avoir le sens du timing dans ses interventions.

En dehors du fair play qu'il avait affiché initialement, il devrait méditer cette maxime anglaise : "never explain, never complain". Ne jamais se justifier, ne jamais se plaindre ... ou en tout cas à éviter quand ça ne sert plus à rien.

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L'ouragan Dennis

Le réchauffement climatique est à l'oeuvre. Les ouragans passent et repassent comme Dennis en ce moment sur les côtes américaines. Sans trop de gravité pour l'heure.

Sait-on que d'ici 2050, les océans vont monter de 1 à 4 mètres mettant en péril un nombre important de côtes, essentiellement dans les pays pauvres, où les rivages seraient repoussés de 100 mètres à l'intérieur des terres ... La température va grimper de 1 à 5 ° Celsius, nous faisant supporter des canicules du type de 2003, tous les deux ans environ. L'urgence écologique est évidente.

Pendant ce temps là, les USA ne veulent toujours rien entendre du protocole de Kyoto, Bush allant jusqu'à les traiter d'accords "pourris". Dramatique pour le monde sauf pour le big business US bien sûr qui s'entend à polluer et à émettre des gaz à effet de serre sans contraintes. Toujours l'économie, rien que l'économie ... oui mais jusqu'à quand ?

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Référendum au Luxembourg

Pourquoi ce petit pays m'intéresse t-il ?

C'est simple, je suis né en Lorraine à côté de la frontière et j'aime beaucoup le premier ministre Jean Claude Juncker que j'ai découvert lors du référendum français sur le TCE pour la première fois.

J'aimerais que les luxembourgeois démontrent qu'ils n'ont pas peur de l'avenir, pas peur des autres, pas peur des vents du grand large européen. Pour nous les français. Même s'ils ne sont que 450 000, ça donnerait un peu de baume au coeur à la cause de l'europe politique.

Mon père est italien, ma mère d'origine slovène, des grands parents polonais ... je suis déjà un produit de l'Europe et je suis français. Allez le Luxembourg !

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Hier l'Angleterre, demain la France ?

Aujourd'hui nous sommes tous des Londoniens a dit le maire de Paris.

Son ami au sein de la majorité du PS, DSK s'est exprimé ici.

Demain si la France est frappée, espérons la même attitude collective face au drame de la part de ceux qui souffrent et de ceux qui compatissent.

Les terroristes ne le savent peut être pas, mais ils ont déjà perdu. Leur combat est vain.

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